Et si on changeait notre regard sur la coopération ?

Et cela s’apprend ! Quand j’avais 20 ans, on me disait :

« C’est dommage, tu commences à perdre des neurones ».

On croyait aussi que le cerveau était comme un ordinateur ou une boîte noire. On m’a appris aussi que « Manger ou être mangé » était la seule façon de vivre dans la jungle humaine.

Les sciences du vivant nous démontrent que l’entraide, en dépit du mythe répandu que tout serait compétition dans le monde du vivant, …« est partout et présente depuis la nuit des temps. »  Le récent ouvrage » L’entraide, l’autre loi de la jungle » de Gauthier Chapelle et Pablo Servigne est une somme passionnante de toutes les formes d’entraide dans l’éventail du vivant qui tord le coup à beaucoup d’idées reçues.

On sait aujourd’hui que la quasi totalité du cerveau est dédiée aux relations sociales.

Les découvertes récentes via les neurosciences*, montrent que le cerveau est biologiquement câblé pour la rencontre et le lien social.

S’il est vrai que nous perdons entre 20 et 30 000 par jour, d’autres repoussent, peuvent grandir et multiplier les synapses ! On sait grâce aux expériences menées via l’imagerie médicale,  que les neurones se renouvellent donc toute la vie. Le cerveau est « perméable » c’est-à-dire qu’il est modifié à chaque interaction, à chaque expérience vécue.  Toute expérience façonne le cerveau qui serait comme un muscle.

On parle de plasticité neuronale. On entretient cette qualité en restant ouvert à la nouveauté, à la créativité et en développant notre empathie. Des études montrent que les enfants sont altruistes dès leur naissance. Plus ils vivent d’expériences d’empathie, plus ils deviennent sociables.

Autre découverte scientifique les plus fondamentales même si on pouvait s’en douter, c’est que les relations humaines affectives, « bienveillantes » sont essentielles au fonctionnement harmonieux du cerveau et de l’ensemble de l’organisme.

On a également les preuves que l’on devient plus  » intelligent » sur le plan cognitif et que l’on apprend mieux si l’on vit et travaille dans un cadre qui cultive l’intelligence relationnelle, émotionnelle et créative. L’OMS (Organisation mondiale de la santé) parlait déjà il y a plus de 30 ans, de santé mentale (voir article.)

Dès lors quels leviers activer pour éviter et sortir de relations délétères ?

Vous ne voyez pas ? Le principal levier, c’est justement de changer son regard sur le fait que  » Je ne peux rien changer »!  » C’est comme ça et pas autrement », « Il ne voudra pas« ,  » on a toujours fait comme ça  » etc.

Et de tenter quelque chose ! ! De sortir des chemins balisés, de la routine. Et de créer des situations et des contextes qui favorisent des expériences vivantes et efficientes qui encouragent la coopération, la cohésion, l’inclusion, la créativité.

Ce sont de puissants générateurs de bien-être et de  motivation individuelle et collective. Comportements vertueux,  idées, projets, collaborations, partages…peuvent alors émerger.

Être un leadership créatif, créateur de vie en somme ? Et cela s’apprend !

* Les neurosciences recouvrent plusieurs disciplines scientifiques apparues dans les années 60 (biologie, medecine, psychologie etc..). Depuis 15 ans, la technologie de l’imagerie médicale (IRM et scanners) ont permis de voir comment fonctionne le cerveau et la façon dont évoluent les troubles de comportements.