Changer de métier, de statut, c’est AUSSI faire le deuil de la situation passée

Déménager, se séparer, tomber malade et bien sûr perdre un être cher, sont des épreuves douloureuses qui réclament de la compassion et de l’auto compassion.

Il en est de même dans la vie professionnelle. Changer d’orientation professionnelle, de métier, de poste, prendre sa retraite, prendre des responsabilités de manager et quitter sa fonction d’expert dans son métier, quitter, vendre, liquider sa société sont à prendre en compte comme des « deuils ».

Même quand on pris une décision par soi-même ? Liquider sa société, cela peut être « une sage décision », un acte de gestion responsable, quitter un job peut être salutaire. Certes. Et pourtant.

Ces changements professionnels ne doivent pas être sous estimés.

Ils peuvent remettre en cause des dimensions profondes et identitaires chez la personne :  perte des repères, des croyances et des rêves, des habitudes de fonctionnement allant jusqu’à la chute de l’estime et de l’image de soi, confiance en l’avenir. Confusion, baisse de vitalité, démotivation,  agressivité, besoin renforcé de tout contrôler, isolement…

Tout changement implique d’accepter qu’il faille du temps :

  • Pour passer d’une situation A à une situation B
  • Pour traverser cet « entre-deux situations » souvent plein d’émotions.

Elisabeth Kubler Ross qui a créé les soins palliatifs aux Etats-Unis et a écrit des livres majeurs sur les mourants, a identifié un processus de deuil en plusieurs étapes et non linéaire que nous utilisons en coaching :

Le processus de deuil

  1. Le deuil peut commencer si la situation de perte est clairement posée.
  2. Le déni porte sur la perte elle-même et sur les circonstances de la situation.
  3. La colère : on cherche un bouc émissaire, on rumine ou on lance les hostilités y compris contre soi. La tristesse peut être cachée par une autre émotion plus visible telle la colère.
  4. La peur : peur pour soi et les autres, sentiment d’abandon, d’incapacité à faire face, rejet 
  5. La tristesse : enfermement dans la douleur et refus de voir la vie positivement; on prend conscience qui ce qui est fait est fait, dit a été dit et qu’il n’y a plus rien à faire. 
  6. L’acceptation : décision de faire face et de continuer la route. C’est la personne qui vit le deuil qui passe au 1er plan. Elle s’occupe d’abord d’elle-même.
  7.  Le pardon : on se pardonne, on renonce à la pensée magique et à l’illusion de la  toute puissance; on pardonne aux auteurs de la perte…

Voici la courbe de deuil représentée :courbe de deuil

Il y a toujours un cadeau caché (le bénéfice de ce changement).

 

Ce qu’on peut retenir 

  1. On ne passe pas les étapes de façon linéaire : on peut être à la fois dans une étape et revenir en arrière…
  2. Il ne suffit pas de traverser les étapes, il est indispensable d’en comprendre le sens.
  3. S’observer, repérer les différents moments d’émotions que l’on traverse et surtout les regarder nous traverser. Sans se juger…