365 leçons du souffle/Jour 112

COMMENT LE SOUFFLE REND PLUS INTELLIGENT.E ?

« Ce n’est pas sa beauté, sa force ou son esprit que j’aime chez une personne, mais l’intelligence qu’elle a su nouer avec la vie. » — Christian Bobin, Ressusciter

Le souffle enseigne exactement cette forme d’intelligence. En revenant à la respiration, on cesse de se placer face à la vie comme un problème à résoudre. On se remet en relation avec elle.

Le souffle oblige à ralentir, à sentir, à laisser les choses nous traverser plutôt que de vouloir les saisir. Peu à peu, il affine notre perception : on capte des nuances, des rythmes, des tensions jusque-là invisibles. On perçoit comment les choses s’influencent, se répondent, se transforment. On sent des dynamiques que l’on ne voyait pas en allant trop vite.

Le souffle ne rend pas plus brillant.e. Il rend plus juste. “Plus juste”, ici, ne veut pas dire “plus correct” au sens moral, ni “plus précis” au sens technique. Être plus juste, c’est être ajusté.e. Ajusté.e à la situation, au moment, à ce qui est vivant là, maintenant. Parler quand il faut parler… et se taire quand c’est plus vivant. Agir sans précipitation… mais sans attendre non plus. Sentir ce qui est nécessaire plutôt que ce qui est seulement logique.

Au lieu de chercher à être intelligent.e à propos de la vie, on est en lien avec elle. L’intelligence devient une qualité de présence : une capacité à s’accorder à ce qui est là, à répondre plutôt qu’à contrôler.

C’est une intelligence qui ne sépare plus le corps et la pensée, l’émotion et la décision, moi et le monde. C’est une intelligence qui relie.


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