LE SOUFFLE EST UN INSOUMIS !
Aujourd’hui, le tournesol a décidé de pousser de travers, la mésange de changer d’itinéraire et cet humain, contre toute probabilité, de tomber amoureux à la caisse du supermarché..! Il y a, dans le vivant, une élégante insoumission et j’adore cette idée.
Être insoumis, ce n’est pas une rébellion spectaculaire ou un refus brutal. Le vivant ne cherche pas à renverser les lois de la physique et de la biologie. Il les respecte poliment mais s’accorde de petites fugues créatives ! Le souffle en est une magnifique illustration : suffisamment régulier pour soutenir la vie, il n’est pourtant jamais une simple mécanique répétitive. Il se nuance, se module, s’adapte à ce que nous vivons. Il se fait ample ou discret, paisible ou haletant, influencé par nos émotions, notre attention, nos relations. D’une respiration à l’autre, il introduit de la variation au cœur même de la stabilité. Il nous rappelle que vivre ne consiste pas seulement à fonctionner efficacement, mais à habiter le monde avec une sensibilité qui échappe aux prédictions et aux statistiques.
C’est un sacré pied de nez à notre obsession de tout rationaliser : rappeler qu’une moyenne n’a jamais embrassé personne, qu’un algorithme ne sait pas frissonner devant un coucher de soleil, et qu’aucune courbe de Gauss n’a encore réussi à contenir l’audace d’une graine qui fend le bitume.
Il me semble que la sagesse du vivant réside là : s’appuyer sur des lois constantes tout en refusant d’être résumée à elles seules.
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