TENIR ENSEMBLE PUISSANCE ET VULNÉRABILITÉ
Voici des paradoxes.
Tu as appris très tôt que « pour être un homme, mon fils », il fallait être solide et surtout ne pas dévoiler ses faiblesses. Ta façon de respirer me le montre.
Quand une émotion apparaît, une fatigue, une inquiétude, un doute, un questionnement, ton premier réflexe est peut-être de te mettre en apnée ? De tout couper ? De ne plus rien sentir ? C’est la bonne vieille croyance patriarcale qui s’exprime : « Tiens bon. Ne montre rien. »
Le souffle te montre ce premier paradoxe : ta rigidité ressemble à la puissance, en apparence seulement. En fait elle te fatigue et abîme ta relation aux autres. Rien de rigide ne respire profondément, amplement, sensiblement. Rien.
Ami, reste désormais présent à ton souffle et inspire amplement, doucement. Observe : quand tu accueilles l’air, ton corps s’ouvre. Le ventre se relâche. Les côtes s’écartent. Ta gorge est à découvert, offerte. Et comme ça, tu vois bien que tu connais déjà la vulnérabilité ! Il n’y a rien de plus offert que cette gorge ! Sens maintenant la tranquille puissance de ton souffle qui ressort. Tu n’as pas besoin de forcer.
Voilà le second paradoxe que le souffle te murmure : Plus tu laisses l’air entrer librement, amplement, plus l’expiration devient stable, ancrée, calme, plus tu peux sentir ta puissance.
Ta vraie puissance n’est pas derrière le masque Soi fort. Elle est dans ta capacité à rester ouvert au vivant. Si tu cesses de lutter contre ce qui est vivant en toi, ton corps n’a plus besoin de se crisper. Ton cœur s’ouvre. Ta présence se densifie. Tu te sens en sécurité pour te montrer et t’exprimer tranquillement. Ta présence est à l’œuvre.
La vulnérabilité est interprétée comme une faiblesse, une fragilité, une disposition féminine. Elle est la clé de ta puissance. Elle ne t’affaiblit pas. Elle t’ancre dans ta verticalité. Dans ton humanité.
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