ÇA VA COMME UN LUNDI
Quand je travaillais en entreprise, j’entendais souvent cette expression. Elle dit la lassitude, le découragement, l’impuissance. Lorsque cet esprit de pesanteur s’installe, il finit par figer les idées, les émotions, les possibles, les relations aussi. On se renferme sur ce qu’on connait. On devient plus prudent que créatif. C’est humain. Mais ça ne rend pas vivant.
Le souffle est une boussole pour ne pas me laisser engloutir par l’état du monde. Respirer consciemment, c’est le kit d’urgence pour me calmer quand une nouvelle m’affecte. Je remets du mouvement et hop, je change d’état. Je retrouve lucidité, esprit critique, discernement. Je me recale émotionnellement et mentalement.
Mais il y a une autre dimension plus existentielle : respirer régulièrement m’aide à inventer une manière de vivre ma vie et de traverser l’époque, sans confondre le monde tel qu’il est, et la Vie. Car je refuse de laisser des circonstances sur lesquelles je ne peux rien, contracter mon être. C’est l’endroit de ma liberté et de ma créativité vivante. Là où je peux agir sans ajouter à la pesanteur ambiante. Là où je choisi la Vie plutôt que la tragédie.
Le souffle devient alors un acte radical de résistance.
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