QUI AGIT EN MOI ?
Il y a des moments où je sur réagis. L’intensité de ma réaction est disproportionnée, inadaptée à la situation. Comme si une partie de moi avait pris le relais… sans me demander si j’étais d’accord ! En mode pilote automatique. Et il n’y a pas de véritable danger bien sûr !
Le fait de respirer en conscience me calme. Je peux m’arrêter là. Et c’est déjà bien. Mais si je fais une séance de respiration consciente, le souffle agit aussi comme un révélateur biologique. Il met en lumière les empreintes laissées par des expériences passées et qui continuent d’agir dans l’ombre. Elles ne sont pas seulement psychologiques. Ce ne sont pas des souvenirs clairs. Ce sont des traces mémorielles qui se rejouent car elles sont engrammées dans le corps. Le psychiatre Bessel van der Kolk, spécialiste mondial de ce sujet, le résume ainsi : « Le corps n’oublie pas ce que la conscience n’a pas pu intégrer ».
Dans le champ de la neurobiologie, on parle de mémoire implicite — des formes de mémoire qui ne passent pas par le récit conscient, mais par des circuits sensoriels, émotionnels et moteurs (notamment impliquant l’amygdale et les réseaux sous-corticaux).
Tant que l’empreinte n’est pas intégrée, elle continue d’agir… en silence. C’est là que la respiration consciente est puissante : elle agit directement sur le système nerveux autonome — et en particulier sur le nerf vague, que la théorie polyvagale décrit comme acteur des états de sécurité, de mobilisation ou de figement.
La guérison ne passe pas uniquement par “comprendre le passé” mais par réapprendre à son corps qu’il est en sécurité dans le présent et qu’il peut libérer l’engramme. C’est mystérieux et c’est merveilleux !
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