DU DÉTERMINISME À LA PLASTICITÉ VIVANTE
Quand j’avais 20 ans, on me parlait de neurones que j’allais commencer à perdre, de déterminisme biologique, de hasard génétique. On me disait, en creux : “Tu es le résultat d’un programme.” Un mélange de papa, de maman, de mutations aléatoires. Un scénario déjà écrit.
Et quelque chose en moi n’a pas aimé. À quoi bon si tout est déjà décidé ? Alors j’ai fait comme beaucoup : j’ai tenu. J’ai compensé. J’ai forcé beaucoup. Mais sans vraie confiance dans le vivant.
Aujourd’hui je suis enthousiaste, émerveillée. Oui, il y a des déterminants, un génome, une histoire, des conditionnements, parfois des traumas. Mais le vivant n’est pas figé. Il est sensible.
Les recherches en épigénétique, en neuroplasticité, en neurosciences affectives montrent toutes la même chose : Le corps et le cerveau se transforment en fonction de l’expérience. L’expression des gènes varie. Les connexions neuronales évoluent. Les circuits émotionnels se réorganisent.
Le vivant n’est pas un programme. C’est un processus.
Alors non, je n’étais pas programmée. J’étais conditionnée et je le suis encore… peut être un peu moins quand même ! Et ce qui est conditionné peut être transformé. Pas par la volonté seule. Pas par le contrôle. Mais par l’expérience répétée, la qualité de la relation, l’attention portée au moment présent !
Respirer en conscience, c’est offrir au système une nouvelle information : “Une autre manière d’être est possible.” À chaque respiration profonde, le système nerveux se régule, de nouvelles voies s’ouvrent, l’ancien conditionnement perd un peu de terrain.
Entre ce qui m’a été donné et ce que je deviens, il y a un espace vivant. Plastique. Relationnel. Respirant. Et dans cet espace, il n’y a pas de fatalité. Il y a du mouvement, de la transformation. Des possibles ! Des potentiels.
Bon dimanche !
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