AVANT L’HISTOIRE
Il existe en moi une mémoire qui ne parle pas. Une mémoire plus ancienne que les mots. Plus ancienne même que la compréhension. Elle ne raconte rien. Elle se manifeste dans un serrement de cœur sans raison. Dans une émotion qui monte. Dans une tension qui ne s’explique pas. Dans ce vide parfois… ou dans cette agitation sourde.
Je cherche à comprendre. Mais il n’y a rien à comprendre. Parce que cela s’est inscrit avant les mots. Dans mon corps. Dans mon rythme. Dans mon souffle. Respirer n’est pas juste inspirer et expirer. C’est entrer en relation avec ce qui n’a jamais été entendu et laisser mon souffle toucher les zones figées, les espaces contractés, les endroits où la vie est retenue en moi.
Mon souffle ne pose pas de questions. Il ouvre. Il traverse. Et parfois, quelque chose se met à bouger. Une vague. Un tremblement. Une chaleur. Des larmes sans récit.
C’est mon corps qui parle enfin dans sa langue originelle. La respiration consciente ne “répare” pas mon histoire, ne reconstruit pas mes souvenirs. Elle m’offre autre chose : Un espace où ce qui n’a jamais pu être vécu peut se vivre maintenant. En sécurité. Dans la présence. Dans un rythme qui me soutient.
Et là mon système apprend. Il apprend que c’est possible de relâcher. Il apprend un autre tempo. Et peu à peu, ce qui était figé en moi recommence à respirer.
Ma guérison ne passe pas par les mots mais par ce souffle simple, premier, intelligent qui vient doucement réécrire la mémoire du vivant en moi.
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