LÀ OÙ JE ME RÉPÈTE
Si je crois vraiment bien me connaître, c’est plutôt que je me re-connais. Et si je me re-connais… c’est que je me répète. Je rejoue des manières d’être, des réactions, des élans, des retenues qui ont déjà eu lieu mille fois. Avec le sentiment trompeur d’être moi, alors que je ne fais que recycler du connu.
Le souffle, lui, ne recycle pas. Il arrive toujours neuf. Et c’est là que ça devient inconfortable pour mes certitudes. Parce que dès que je porte attention à ma respiration, elle m’apporte mon lot de surprises ! Un changement de rythme. Une coupure. Une accélération sans raison. Une émotion. Quand je retiens mon souffle par exemple, je rejoue une ancienne protection. Quand j’expire à moitié, je retiens quelque chose. Quand je respire vite, je fuis déjà. Autant de traces vivantes de mes répétitions. Car le passé ne revient pas sous forme d’histoire. Il revient sous forme de mémoire corporelle.
Et puis parfois, le souffle me respire. Et là, je sais que le passé n’a plus besoin de se rappeler à mon bon souvenir ! Je découvre alors un peu de ma nature profonde toujours changeante. Une rencontre délicieuse avec le non connu…
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