LA CURIOSITÉ N’EST PAS UN VILAIN DÉFAUT ! / PARTIE 2 : HOMMAGE À EDGAR MORIN / 7
« L’éducation doit favoriser l’aptitude naturelle de l’esprit à poser et à résoudre les problèmes essentiels et, corrélativement, stimuler le plein emploi de l’intelligence générale. Ce plein emploi nécessite le libre exercice de la curiosité, faculté la plus répandue et la plus vivante de l’enfance et de l’adolescence, que trop souvent l’instruction éteint et qu’il s’agit au contraire de stimuler ou si elle dort, d’éveiller » *
Suite…Chez Edgar Morin, le fanatisme, le réductionnisme, la réification ou encore le manichéisme sont les manifestations d’une pensée coupée du corps ! Lorsque le réel devient trop complexe, trop mouvant ou trop anxiogène, l’esprit cherche parfois à se protéger : il simplifie ce qui est par nature complexe, fige ce qui est en mouvement, juge ce qu’il ne parvient pas à comprendre. Il préfère la certitude à la curiosité, le contrôle à l’ouverture.
Le souffle, lui, élargit ma pensée. Il la rend plus vivante, plus nuancée car il me ramène doucement à la complexité du vivant. Avant les concepts. Avant le langage. Avant les constructions culturelles. Lorsque je prends le temps d’écouter sa leçon silencieuse, il me rend plus poreuse à ce qui émerge, plus sensible à ce qui me surprend, plus disponible à ce qui échappe aux idées toutes faites. Plus capable d’accueillir l’incertitude sans chercher immédiatement à la réduire. Le souffle réveille en moi le désir d’apprendre, de découvrir, d’explorer et de partager. De tout mon être.
La curiosité n’est pas seulement une disposition intellectuelle. Elle est cet élan de vie profond qui nourrit mon enthousiasme d’enfant et me rend ouverte à l’infinie richesse du réel.
*Extrait de : Les 7 savoirs nécessaires à l’éducation du futur.
En savoir plus sur Sandrine May
Recevez les nouveaux articles directement dans votre boîte mail.




