MES CONTRADICTIONS SONT-ELLES VRAIMENT DES ERREURS ?
La respiration, c’est la complémentarité en train de se vivre. L’inspire ne lutte pas contre l’expire. Ils se cherchent, se répondent, se donnent naissance, s’ajustent. Le plein appelle le vide et le vide prépare le plein. Et dans ce va-et-vient silencieux, je me souviens que le vivant ne choisit pas; il relie.
Je ressens l’élan naître du relâchement, la puissance émerger du lâcher-prise, le mouvement s’enraciner dans l’immobile, le flux danser avec le focus, l’invisible soutenir le visible, l’accueil rendre possible l’action juste. Tout est question d’alternance, d’équilibre mouvant, de dialogue entre les pôles.
Au cœur de cette respiration, je cesse peu à peu de vouloir trancher. Je découvre que mes contradictions ne sont pas des coupures mais des ponts encore invisibles. Des alliances en devenir.
Alors je n’essaie plus de choisir qui je dois être. Je me laisse devenir le lieu de la rencontre. Là où les opposés s’embrassent. Là où l’équilibre n’est jamais fixe mais infiniment vivant.
À chaque instant, la complémentarité tisse en moi l’union des contraires. C’est en les honorant que je deviens pleinement moi et que naît alors l’harmonie profonde.
Peinture : Rencontre de MC Escher/1944
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