« TU PEUX TE RECONNECTER AU FLUX DE LA VIE », DIT LE SOUFFLE
Je relisais « Le concept du continuum, à la recherche du bonheur perdu », écrit par Jean Liedloff en 1975. Cette psychothérapeute américaine a passé deux ans et demi chez les Indiens Yékwanas, une tribu de la forêt amazonienne à la frontière entre le Venezuela et le Brésil. Ce qu’elle décrit est en profonde résonance avec mon approche de la respiration existentielle.
Elle a observé que les bébés de cette tribu étaient constamment portés, baignés dans les mouvements du corps adulte, au contact permanent du rythme vivant, jamais isolés, immergés dans la continuité du lien, des sons, des battements, des gestes, des respirations du groupe. Elle conclut que l’être humain naît avec un besoin biologique profond de continuité relationnelle, sensorielle, corporelle. En bref, nous sommes faits pour ne pas être séparés du flux de la vie, et de la relation. Quand cette continuité est rompue précocement, le corps enregistre une insécurité fondamentale. Il y a alors souffrance existentielle.
La respiration consciente et continue révèle parfaitement nos schémas respiratoires restreints : nos souffles ont été fragmentés, bloqués, coupés, adaptés pour répondre aux traumatismes de séparation, d’abandon et à tout évènement qui ont coupé le bébé de cette sensation de continuité dans la période pré-verbale. Nos façons de vivre, l’expérience de la naissance et des premiers mois, ont fragmenté le continuum respiratoire et existentiel.
Se reconnecter au mouvement de la Vie, se sentir en sécurité dans son corps, tout ce qu’on a pas eu enfant, ça s’apprend et le souffle est notre allié.
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