365 leçons du souffle/Jour 129

CE QUE LE SOUFFLE LIBÈRE DOUCEMENT

La respiration consciente a quelque chose de profondément réjouissant : elle traverse les couches de récits que nous avons construites autour de nous-mêmes. Mes blablabla, comme je les appelle. Quand le souffle devient profond, continu, je découvre à quel point certaines histoires ont façonné toute ma vie.

Je vois les rôles auxquels je me suis accrochée si longtemps. Les protections devenues identités. Les blessures transformées en manières d’exister. Je reconnais aussi ces croyances silencieuses auxquelles je m’étais identifiée sans même m’en rendre compte : « je dois tenir », « je dois être forte », « je ne peux pas ralentir », « je dois mériter l’amour », « si je lâche, tout s’effondre »… Et ce qui apparaît n’est pas toujours agréable à reconnaître, mais toujours libérateur.

Peu à peu, le souffle éclaire ce qui a été utile un jour, quand on était enfant, mais qui ne l’est plus aujourd’hui. Des tensions anciennes, des réflexes de contrôle, des fidélités invisibles perdent doucement leur emprise. Sans violence. Sans devoir forcer quoi que ce soit.

Comme si le corps reconnaissait enfin qu’il n’a plus besoin de porter certaines charges. Comme s’il retrouvait l’autorisation de respirer plus librement.

Bon dimanche.


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