ENTRE PROSE ET POÉSIE : HOMMAGE À EDGAR MORIN
Je dédis les prochaines leçons du souffle à Edgar Morin, qui a tant nourris mon chemin et mes accompagnements depuis plus de 20 ans.
« Je crois, comme le disaient Lautréamont et les Surréalistes, que la poésie n’est pas seulement ce qui est écrit sous forme de poésie, mais que la poésie concerne aussi la vie. Dans le fond, de même que tout homme a potentiellement en lui à la fois un génie, un criminel et un fou, je crois que tout homme a potentiellement en lui un poète. Poésie et prose sont les deux polarités de la vie primaire.
Du côté de la poésie il y a l’admiration, l’émerveillement, l’extase, l’amour. Je crois que le tissu même de la vie est un mélange de prose et de poésie. Notre façon même de penser est un mélange de prose et de poésie, et nous ne nous en rendons pas compte.
Comme nous vivons dans une société techno-bureaucratique, nous voulons chasser de notre mode même de penser tout ce qui est poétique. Nous ne voulons avoir que de la prose. Or le fonctionnement du cerveau humain ne se fait pas sur le modèle d’un ordinateur digital. Il fonctionne aussi de façon analogique, métaphorique, poétique. Nos rêves sont poétiques par essence. Ceci dit, nous voyons nécessairement, je dirais dans le quotidien, la poésie sertie dans la prose, comme il y a des paillettes de diamant dans la boue. Je crois que c’est la vie elle-même qui est ainsi faite. » Edgar Morin.
Bon dimanche.
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