J’ÉTAIS LA REINE DU TOUJOURS PLUS HAUT
Plus haut que le sentier. Plus loin que la fatigue. Plus raide que la peur. L’été, je partais en montagne avec mon père. Il marchait vite. Moi, j’étais un cabri. « Si tu pleures t’es qu’une fille », me disait-il sans méchanceté.
Alors le souffle se cachait dans ma poitrine, mes épaules montaient comme des oiseaux affolés, ma mâchoire serrait les dents de courage. J’ai continué à fonctionner comme çà jusqu’au burn-out 40 ans plus tard.
En apprenant à respirer le souffle m’a chuchotée : « Un défi, c’est comme un jeu pour le cerveau. Il est comme un enfant curieux. S’il n’y a rien à grimper, il s’ennuie. Si la montagne est trop haute, il pleure. Mais si tu respires, la montagne devient un jeu, et le cœur devient courageux. »
Les études neurosciences respiratoires montrent que la dopamine augmente quand un défi est perçu comme atteignable. Elle monte encore plus quand il y a incertitude + possibilité de réussite. Elle chute quand tout est prévisible ou quand le défi est perçu comme impossible.
Une respiration lente et consciente stimule le nerf vague qui va alors réguler le rythme cardiaque, le cortisol, la capacité à rester engagé sans paniquer.
Le cerveau aime apprendre, explorer, tenter, ajuster et le souffle transforme un défi stressant en défi apprenant. Ni trop facile, ni trop écrasant donc.
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