LA CARTE ET LE TERRITOIRE
J’aime beaucoup cette image parce qu’elle nous rappelle avec humour que souvent, nous croyons parler du monde alors que nous parlons surtout de la place que nous y occupons.
La petite souris regarde l’éléphant soulever un immense nuage de poussière et conclut : « Regarde comme on soulève de la poussière ! » Bien sûr qu’après leur passage, il y a de la poussière mais évidemment, qu’elle regarde une infime partie de la réalité à travers son propre prisme ! C’est bien ce que nous faisons en permanence : Nous commentons la réalité à travers nos expériences, notre éducation, nos blessures et nos croyances. Et nous transformons cette perspective limitée en vérité générale. Nous ne décrivons pas le monde. Nous décrivons un monde. Le nôtre. Quand nous affirmons : « Les gens doivent faire comme ci », « La vie est comme ça », « Le monde fonctionne ainsi »… nous parlons surtout de notre carte … Non du territoire.
La respiration en conscience nous invite à ralentir, et se faisant, à suspendre nos jugements et nos commentaires, à sortir de nos schémas de pensée conditionnés. Ouvrir son regard, ce n’est pas un concept abstrait. C’est un entraînement. Et le souffle fait son oeuvre pour nous permettre de percevoir alors, la trame complexe de la réalité : ses paradoxes, ses interconnexions, ses mouvements imprévus.
Illustration C. Maurage.
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