LES CLÉS SONT-ELLES SOUS LE RÉVERBÈRE ?
Un homme cherche ses clés sous un réverbère en pleine nuit. Il tourne en rond, scrute le sol, s’accroupit, soupire.
Un passant s’arrête :
- Vous avez perdu vos clés ici ?
- Non, répond l’homme. Je les ai perdues plus loin, là où il fait sombre.
- Alors pourquoi cherchez-vous ici ?
L’homme lève les yeux vers la lumière et dit simplement :
- Parce qu’ici, au moins, je vois.
Ce petit conte soufi tiré de Nasreddin Hodja, je l’adore ! Nous cherchons sous le réverbère des explications linéaires à des réalités vivantes, complexes, sensibles parce que c’est éclairé, simple voire simpliste, parce que c’est mesurable, parce que c’est connu. Le déterminisme est un réverbère puissant ! Il éclaire bien. Il rassure. Il permet de dire : « voilà la cause. Voilà l’effet. ».
Pourtant les clés – celles qui ouvrent la porte du vivant- ne sont pas perdues. Elles attendent simplement plus loin dans la pénombre de l’expérience, du corps, de la relation que le souffle les éclaire.
C’est là que la vie me demande du courage : sortir du halo rassurant, aller explorer l’inconnu, accepter de ne pas tout voir, de me perdre un peu…Mais aussi de me retrouver. Autrement.
Les clés – celles qui ouvrent la porte du vivant- ne sont pas perdues. Elles attendent simplement plus loin dans la pénombre de l’expérience, du corps, de la relation que le souffle les éclaire.
C’est là que la vie me demande du courage : Sortir du halo rassurant, aller explorer l’inconnu, accepter de ne pas tout voir, de me perdre un peu…Mais aussi de me retrouver. Autrement.
Photo Lacie Cueto
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