365 leçons du souffle/ Jour 184

POURQUOI TIRER SUR LA TIGE POUR LA FAIRE POUSSER ?

Une graine ne devient pas un arbre en restant une graine. Pour laisser naître cette autre forme de vie, elle doit d’abord s’ouvrir, se fendre. Il en va ainsi de nos propres existences. Il arrive des moments où tout se fissure. Nos repères vacillent, nos certitudes s’effritent et les réponses qui nous guidaient hier ne conviennent plus. Notre premier réflexe est de voir ces fissures comme une fragilité, une vulnérabilité, une faiblesse, une crise. Nous avons alors la tentation de réparer, de retrouver l’équilibre perdu, de revenir à ce qui nous était familier.

Ce qui semble se fissurer n’est pourtant pas toujours le signe d’une fin. C’est parfois l’ouverture par laquelle la vie poursuit son œuvre. Quelque chose travaille en silence. Une nouvelle forme cherche son chemin, discrètement, à travers ce qui se défait. Et nous ne percevons pas encore ce qui cherche à émerger.

Cet inconnu génère inquiétude et anxiété. Nous avons du mal à faire confiance à ce mouvement car nous sommes habitués à produire le changement comme on fabrique un objet. C’est un peu comme si nous tirions sur la jeune tige pour l’aider à pousser. c’est comme ça qu’on l’arrache. La croissance ne répond pas à la contrainte. Elle répond à des conditions. Une terre qui nourrit. Une lumière qui éclaire. Une eau qui irrigue. Un temps qui respecte le rythme propre de ce qui est en train de naître. Les transformations les plus profondes ne se décrètent pas. Elles émergent lorsque les conditions deviennent suffisamment favorables pour que le vivant puisse déployer son intelligence et transformer ses propres formes.

Notre responsabilité est de créer un espace où ce qui cherche à naître puisse trouver l’air, le temps et la confiance nécessaires à son déploiement.


En savoir plus sur Sandrine May

Recevez les nouveaux articles directement dans votre boîte mail.

Vous pourriez aimer aussi

Vous inscrire à la newsletter et recevoir les derniers articles du blog Va voir ici si tu y es