« J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre... »* Nelson Mandela.
Le souffle ne fait pas disparaître la peur. Il m’apprend qu’il est possible de rester présente à elle sans lui abandonner les commandes. La peur est une expérience intérieure, pas une identité. Elle traverse mon corps comme une vague. Si je cesse de lutter contre elle, si je lui laisse de l’espace, elle finit par se transformer. Bien sûr, mon mental murmure : « Je n’y arriverai pas. C’est trop. Fuis. Arrête. » Pourtant, rien ne menace réellement ma vie à cet instant.
Le souffle est un laboratoire pour expérimenter le courage de traverser. Le courage consiste à continuer à respirer. A rester en relation avec ce qui est là, à laisser mon cœur battre plus vite…à sentir mes mains trembler, à me laisser traverser. Le courage n’est pas qu’une qualité réservée aux héros. C’est aussi une qualité physiologique. Un système nerveux qui retrouve suffisamment de sécurité pour ne plus réagir uniquement par la fuite, le combat ou le figement.
Chaque fois que je respire au lieu de me contracter, je découvre qu’au-delà de la peur se trouve une énergie qui était bloquée. La peur protégeait souvent quelque chose de précieux : un élan de vie, une vérité à dire, un deuil à traverser, un amour à accueillir, une liberté à assumer.
Et j’apprends ainsi que je suis plus vaste que ma peur.
*Cette citation est extraite de l’autobiographie de Nelson Mandela, Long Walk to Freedom (Un long chemin vers la liberté), publiée en 1994.
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