IL N’Y A PAS DE BON OU DE MAUVAIS SOUFFLE
À chaque séance, le souffle me surprend. Il n’est jamais là où je l’attends !
Parfois il est lent, comme s’il prenait le temps de regarder autour de lui. Parfois il est rapide, pressé, joyeux, ou inquiet sans raison claire. Parfois il est ample, il remplit l’espace. Parfois presque timide à peine sensible, mais bien là.
Quand j’essaie de bien respirer il se crispe. Il devient sage. Il obéit. Il fait ce qu’on attend de lui. Mais il perd quelque chose. Sa liberté. Sa vérité. Sa danse.
Quand je laisse le souffle faire, sans le corriger, sans le conduire, sans vouloir réussir la séance, quelque chose se détend en moi. Je n’ai plus besoin d’y arriver. Je n’ai plus besoin de bien faire. Je n’ai même plus besoin de respirer.
Je suis respirée.
Chaque séance est différente. Chaque souffle est nouveau. Il n’y a pas de répétition possible.
C’est une rencontre à chaque fois : avec mon corps du jour, avec l’état du moment, avec la vie telle qu’elle se présente là, ici et maintenant. le souffle me donne juste des nouvelles de moi.
Et peu à peu, je découvre quelque chose de simple et de merveilleux : Il n’y a pas de souffle juste. Il n’y a pas de modèle à atteindre. Il y a seulement ma capacité à lui faire confiance.
C’est peut-être ça respirer existentiellement ? Ne plus diriger la vie mais la laisser passer à travers moi.
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