POURQUOI FAUT-IL DES SITUATIONS EXTRÊMES POUR COMPRENDRE (OU PAS) ?
Pour ma part, c’est un burn-out qui m’a fait bifurquer. J’avais appris à tenir bon, à résister, à « gérer mes émotions », à me raconter comme j’étais forte. A m’accrocher à ce que je connaissais. À l’image d’une femme, entreprenante, courageuse, endurante, brillante et tralala et tralala…
La vérité, c’est que je fuyais le chaos intérieur. Je déniais ce qui était pourtant là : la réalité brute, nue. Je souffrais. Je me sentais « morte vivante ».
Je respirais bien sûr, mais je n’étais pas « là ». Dans l’expérience inconfortable de l’instant. Mes sensations, mes émotions, ma perception du monde passaient au second plan. Ah çà oui j’habitais ma tête qui fonctionnait vite, très vite même.
Alors que je lui partageais un épisode de ma crise de couple, ma psy de l’époque m’avait sidérée en me disant : « Madame ce que vous décrivez, c’est la peur ». Un iceberg était tombé sur ma tête. Moi avoir peur ? Je viens d’une famille de héros. Alors avoir peur, c’était pas possible !
La réalité, c’est que je n’habitais pas mon corps. J’étais complètement coupée de mes ressentis. Et je ne le savais pas.
Aujourd’hui, quand je fais une séance de respiration, je sens le souffle circuler. Là où c’est bon. Pour lui. Je me laisse respirer. Et je reste dans l’inconfort des émotions, des pensées, des conflits intérieurs du moment.
Alors le souffle soulève le voile du mental qui voudrait que “tout reste sous contrôle”. Il m’oblige à traverser ce que je refusais d’accepter de voir : mes peurs, mes contradictions, mes limites, mes illusions, ma souffrance…et çà passe.
Quelque chose se révèle alors. Mes ressources enfouies, mes élans profonds, la vie qui pulse en moi.
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