DEVENIR JARDINIER DE SES NEURONES
Quand je respire de façon courte, hachée et rapide mon système nerveux se met en alerte. Le cerveau privilégie les circuits de protection : réaction, contrôle, anticipation, défense.
Ce sont toujours les mêmes chemins neuronaux qui s’activent. Ils deviennent rapides, dominants… parfois tyranniques.
À l’inverse, lorsque je ralentis consciemment mon souffle, lorsque l’inspiration s’approfondit et que l’expiration est détendue, un autre signal est envoyé au cerveau : « Il n’y a pas de danger immédiat. ». Le nerf vague s’active. Le système parasympathique prend le relais. Et le cerveau entre dans un état plus ouvert, plus calme, plus créatif. C’est là que quelque chose de précis se produit : des réseaux neuronaux moins utilisés peuvent s’activer. De nouvelles connexions deviennent possibles. La plasticité cérébrale s’exprime pleinement.
La manière dont je respire modifie la manière dont mes neurones se parlent. Chaque respiration continue favorise des circuits neuronaux liés à la régulation émotionnelle, à la perception fine, à la présence, à la relation, à la capacité de répondre plutôt que réagir.
Respirer devient alors un acte de responsabilité neurologique. À force de respirer autrement, je pense autrement, je perçois autrement et donc je réponds autrement à la vie.
Je suis émerveillée de savoir que je peux redessiner la forme de mon jardin neuronal. Peu à peu en respirant en conscience et régulièrement, un nouveau chemin s’installe. L’ancien, s’il n’est plus nourri, s’efface. Et les comportements habituels, automatiques disparaissent.
Je ne change pas mes schémas par la volonté et par les prises de conscience. Je les change en favorisant un état interne différent. Ce n’est pas magique, c’est un miracle. Alors, oui changer de chemin demande d’y porter attention, de la régularité. C’est préparer le terrain à la plasticité neuronale.
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