365 leçons du souffle/Jour 29

L’AUTO PO QUOI ?

Deux grands chercheurs— Maturana et Varela —ont mis un mot très compliqué sur quelque chose de très simple qu’on ressent en respirant. Ils ont appelé ça : l’autopoïèse.

Quand je respire : je prends l’air, je le transforme, je le rends et je reste moi.

À chaque instant, l’air n’est jamais le même, mon corps n’est jamais exactement le même, pourtant je ne disparais pas. La vie fait ça tout le temps : elle fabrique ses propres morceaux, avec ses propres règles, pour rester elle-même, tout en changeant sans arrêt.

Personne ne la commande de l’extérieur. Elle s’auto-produit. Elle se recrée à chaque instant.

Le monde ne me dit pas qui je suis. Il me touche. Et je réponds. C’est donc ma réponse qui me crée.

Un être vivant se maintient ainsi en changeant, en sélectionnant, en intégrant, en refusant parfois.

Il ne reçoit pas une identité du monde. Il la fait émerger par son organisation interne.

Un être vivant n’est pas une machine qu’on monte et démonte pièce par pièce.

J’adore cette idée que nous sommes ici pour nous engendrer nous-mêmes, instant après instant, souffle après souffle. Mais en nous tenant vivants de l’intérieur.

Je ne suis pas créée par le monde. Je me créé en respirant avec lui.

Être moi en me transformant grâce à ce qui me traverse et sans jamais me dissoudre dedans. Çà nous sort de l’impuissance, de l’aquobonisme non ?


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