MA DANSE DES CONTRADICTIONS
Quand je respire de manière connectée et consciente, je sens parfois les battements du cœur qui veut avancer et la peur qui freine, bloque le plexus, rigidifie le diaphragme. Le besoin de maîtriser et celui, plus profond, de me laisser traverser.
Si j’accepte de me laisser traverser par mes ressentis, j’accueille tout ce qui vient : mes élans et mes freins, mes doutes et mes certitudes, mes forces et mes fragilités, mes désirs et mes peurs. Je suis traversée ET par çà ET par çà. Je sais que tout est impermanent si je ne retiens pas. Si je laisser aller.
Le souffle circule alors librement entre ces polarités, entre inspir et expir. Il les relie, les mêle, les rend vivantes. Ne juge pas les émotions positives ou négatives, les sensations agréables ou désagréables.
Je sais que mes contradictions sont fécondes. Le souffle m’apprend qu’elles ne sont pas un problème mais plutôt ma richesse. Elles créent du mouvement, fertilisent mes choix. Elles m’empêchent de me figer dans une version étriquée de moi-même.
J’ai tenté tant d’années de me rendre cohérente comme une ligne droite. Mais la vie ne suit pas les lignes droites. Elle est tissée de courbes, de détours, de paradoxes et se charge de me les faire vivre quand je m’enferme dans mes certitudes et mes rigidités.
La respiration me rappelle que je suis un tissage complexe, un champ d’opposés qui s’enlacent.
C’est de cette danse-là que naît mon humanité. Un être humain parfait dans son imperfection, en évolution.
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