365 leçons du souffle/ Jour 38/ 7 Février

JE SUIS LA VAGUE

On dit inspire. On dit expire. Parce qu’il faut bien nommer ce qui, en réalité, ne se coupe pas. Ce n’est pas le souffle qui se divise en deux. C’est mon regard qui fige un mouvement fluide. C’est mon mental qui pose des frontières sur quelque chose qui circule en continu.

Le souffle ne va pas d’un côté puis de l’autre. Il relie. Il traverse. Il transforme. Il n’y a pas deux temps. Il y a une seule ondulation. Mon souffle ne va pas “vers l’intérieur” puis “vers l’extérieur”. Il se déplace dans un seul mouvement continu. Il change de forme, de texture, de densité. Mais il ne s’arrête pas. Comme la vague.

Où commence mon souffle ? Où finit-il ? Où commence la vague ? À la montée ? À la crête ? À l’écume ? Au retrait ? Ou bien dans l’eau déjà en mouvement avant même que je la voie ? Une vague ne commence pas. Elle ne finit pas. Elle apparaît. Elle prend une forme. Puis une autre. Puis une autre encore. Mais le mouvement, lui, ne s’interrompt jamais. Il y a un seul flux qui prend momentanément deux visages.

Respirer comme une vague, ce n’est pas imiter un rythme. C’est me laisser respirer. Revenir à ce que je suis. Un mouvement. Une ondulation. Une transformation silencieuse.

Je suis ce qui respire. Je suis comme la vague. Pas séparée. Et le deux est une illusion d’optique.


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