365 leçons du souffle/Jour 5

LE REGARD QUI RESPIRE

Respirer c’est apprendre à voir ce qui vit en moi. Des émotions qui bougent, des pensées qui courent trop vite, des blessures qui font encore un peu mal et aussi des élans de joie, des petites lumières qui attendent de briller. Je n’essaie pas de me réparer. Je n’essaie pas de me guérir. Je regarde. Je laisse être.

À force d’accueillir ce qui me traverse, mon regard est devenu plus doux. Il ne scrute plus. Il ne pique plus. Il n’a plus besoin de rassurer, ni de classer, ni de juger. J’ai compris quelque chose de simple : tant que je juge ce qui vit en moi, je juge aussi ce qui vit chez l’autre, sans même m’en rendre compte. Et vice et versa.

Alors je demande aux juges intérieurs de se reposer un peu. Et là, un espace s’ouvre. Un espace de détente profonde. Un endroit d’où je comprends sans expliquer. Où je ressens sans comparer.

Depuis, quand quelqu’un arrive en face de moi, je le regarde comme je me regarde. Avec curiosité. Avec patience. Avec respect. Je devine qu’il porte, lui aussi, des tempêtes invisibles, des chagrins cachés et des trésors secrets. Voir l’autre, c’est d’abord voir la vie en soi, dans sa complexité, sa fragilité et sa beauté.

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