365 leçons du souffle/ Jour 52/ 21 Février

CHEMIN FAISANT

Je me suis allongée des heures durant, à plat ventre sur un tapis de feuilles mortes, pour observer cette colonie de fourmis. Ça bossait non stop. Mais ce qui m’a subjuguée alors, c’est qu’elles étaient capables, dès qu’un obstacle les bloquait, de le contourner, de bifurquer, de réajuster leurs itinéraires en un rien de temps. Elles s’ajustaient à la situation présente. Et n’avaient pas besoin de connaître à l’avance, la direction à prendre. Pourtant, j’avais la sensation qu’un chemin émergeait au fur et à mesure de leurs déplacements.

Je crois que j’ai compris là- compris d’une façon profonde, pas réfléchie- que la vie progresse par expérimentation sensible. Elle teste, elle observe les flux, elle ajuste en marchant.

C’était le même processus que j’avais observé chez les bancs de poissons, lors de mes sorties plongée. Ils hésitent, ondulent, sans jamais foncer droit. Rien d’une trajectoire militaire ! C’est mouvant, incertain et pourtant d’une intelligence saisissante.

Je reconnais cette même intelligence dans mon souffle à qui je ne peux pas assigner de direction ou d’objectif de performance. Je ne peux pas décider, programmer, anticiper, planifier la façon dont une séance de respiration va se passer. Pas plus que je ne peux décider de ce que sera ma Vie, ses épreuves et ses obstacles. Pas plus que je ne peux savoir comment l’autre réagira. J’enfonce une porte ouverte bien sûr !

En revanche, je peux m’émerveiller de voir le chemin émerger en respirant, en restant en mouvement, en écoutant les signaux du vivant. La complexité est alors à l’oeuvre.


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