LE HAMSTER DANS SA ROUE
C’est l’histoire d’un hamster qui tournait sans fin dans une roue. Il courait après les « et si… », « il faudrait… », « j’aurais dû… », « pourquoi… », « je dois… », « je veux… ».
Il anticipait, ruminait, comparait, projetait, expliquait, justifiait, dramatisait. Et surtout, il commentait tout.
Il produisait beaucoup de mouvement…mais très peu de clarté.
Autour de lui, certains criaient : « Sus au hamster ! Il faut le faire taire ! Le tuer ! »
Mais ce hamster n’était pas un ennemi. Il avait été inventé pour nous protéger. Pour éviter de sentir la brûlure d’une émotion trop vive. Pour anesthésier la peur. Pour garder le contrôle quand tout semblait incertain. C’était même une solution élégante pour donner du sens, réduire l’inconfort, fabriquer des explications quand on était perdu, désespéré, impuissant…
Le problème n’était pas le hamster. Le problème, c’est qu’on s’était mis à croire que toutes les pensées et commentaires qu’il produisait, étaient la réalité. Que son récit était la vérité.
Alors quelqu’un posa une question : Comment arrêter la roue ?
Pas en cherchant à l’éliminer. Ni en exigeant le silence. Ni en lui déclarant la guerre. Mais en déplaçant doucement l’attention sur la respiration. En respirant profondément, amplement et en demandant le soutien du souffle.
Revenir au souffle, ce n’est pas fuir la pensée. C’est reconnaître qu’elle n’est qu’un récit. Et derrière ce récit se cache souvent quelque chose de simple qu’on refuse d’accueillir : une émotion, une tension, une vulnérabilité, un problème concret. Quand on quitte l’histoire qu’on se raconte et qu’on accepte de ressentir, le commentaire perd son carburant. Le souffle permet de changer de système. De passer du narratif au sensoriel.
Et quand le hamster n’a plus toute la scène pour lui, la roue ralentit. Et parfois, l’animal s’arrête…non parce qu’on l’a tué mais parce qu’il n’y a plus de roue à faire tourner.
Observer quand il tourne à vide dans sa roue et qu’ il se raconte des histoires, ce n’est pas si difficile, c’est une habitude à prendre.
Pour lire ou relire les leçons du souffle, pour s’abonner au blog quotidien : www.sandrinemay.com/respiration-existentielle/
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