RESPIRE ET OUVRE LA FENÊTRE
– Je suis comme St Thomas : Je ne crois que ce que je vois !”
– Ah oui vraiment ?
– Oui, je crois à ce qui est réel, donc à ce que mes sens perçoivent.
– Tu vois l’air que tu respires ?
– Non, mais je sais qu’il est là.
– Donc tu crois à quelque chose que tu ne vois pas ?
– Euh… oui, mais c’est prouvé scientifiquement.
– Et ton stress, tu le vois ?
– Non… je le sens.
– Et quand tu respires lentement, ça change ton état de stress, non ?
– Oui, ça m’apaise.
– Et pourtant ta respiration le change mais tu ne le vois pas !
Ce dialogue fictif illustre un phénomène à l’origine de la plupart de nos conflits et souffrances psychologiques : ma perception, mon regard sur le monde, l’autre, la Vie, est un filtre nourri par mon éducation, mes expériences, mes croyances, mes émotions… et aussi par mes attentes et mes peurs. Nous voyons le monde, tel que nous avons appris à le décrire, non pas tel qu’il est. C’est ainsi que nous finissons par confondre notre perception subjective avec le réel. Or ce que nous voyons, entendons ou pensons… n’est jamais la réalité totale. Ce n’est jamais vraiment vrai !
Quand je suis sous pression, ma perception — déjà limitée — se rétrécit encore un peu plus. Je ne vois plus que les problèmes. Je passe à côté d’opportunités. Je fonctionne en mode automatique, réactif, défensif, agressif. Je défends bec et ongles une image « cohérente » de ma vision du monde.
Une respiration profonde et continue va agrandir la fenêtre de ma perception. En ralentissant et en portant attention à mon souffle, le corps s’apaise, l’esprit s’éclaircit et la perception s’ouvre naturellement. Ce que je croyais dur comme fer, se dénoue, se délite, devient dérisoire parfois. Je prends du recul et je comprends que ce n’est plus un enjeu aussi majeur que ça. C’est ma vérité à laquelle je m’étais identifiée par le passé. Ce qui me faisait souffrir, c’était l’énergie à la défendre vaille que vaille.
Et dans cet espace intérieur laissé vacant par les croyances, certitudes, habitudes, fidélités, loyautés, s’invite l’inattendu : des pistes de résolution, des évidences, des insights, des eurékas.
Respirer, c’est ouvrir la fenêtre pour que rentrent ces possibles. Comme l’écrit le théologien Jean-Yves Leloup » Ce n’est pas parce que je ferme les persiennes que le soleil n’est pas là « . Alors, ouvrons ouvrons nos volets !
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