CHOISIR DE SE PROTÉGER OU D’ACCUEILLIR LA VIE
Ceci est une leçon poétique de physiologie.
En accompagnant mon souffle et celui des autres, j’ai appris à regarder le diaphragme autrement. C’est un muscle complexe et porteur de paradoxes : il est à la fois mécanique et émotionnel, il fonctionne de façon autonome et consciente, il est un lieu de rencontre entre le biologique et l’expérience intime d’exister.
Quand il est libre, le diaphragme accueille le souffle. La respiration ressemble alors à une vague. Elle descend. Elle remonte. Elle berce les organes. C’est fluide. La cage thoracique s’ouvre doucement et le ventre respire avec le monde.
Souvent pourtant, le diaphragme est dur comme du béton. C’est qu’il sert de capteur somatique… de la peur. Le souffle reste alors dans les étages supérieurs. Avec le temps, quand la peur dure ou est réactivée de façon répétitive, le corps finit par oublier qu’il sait respirer autrement. Il ne respire plus dans la confiance mais en vigilance rouge.
Le diaphragme fait ce qu’il peut pourtant : il laisse la porte entrebâillée pour laisser juste assez d’air pour continuer à vivre… mais pas assez pour habiter pleinement le corps.
C’est là que la respiration consciente devient précieuse. Pas comme une technique. Mais comme un rappel au vivant. Lorsque l’on ralentit et qu’on laisse le souffle descendre profondément, le nerf vague ventral s’active, la ceinture diaphragmatique se détend, et la peur commence à se dissoudre. Le corps retrouve alors une sensation de sécurité intérieure.
Tout le chemin de la respiration consciente consiste à accompagner ce passage : du corps qui se protège de la vie…au corps qui accepte à nouveau de la laisser entrer.
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