365 leçons du souffle/Jour 88 bis

CE QUE L’APNÉE NOUS VOLE

Nous avons appris à vivre en apnée et quelquefois on ne s’en rend même plus compte ! Apnée des décisions rapides. Des journées pleines. Des émotions retenues. Même nos emails se respirent en suspension !

Et ça marche. Nous sommes efficaces. Parce qu’on nous a appris à privilégier l’analyse sur la sensation, la performance sur la présence, la réponse rapide sur l’écoute. Mais cette efficacité a un coût : elle simplifie le réel jusqu’à le déformer. Elle coupe le lien avec ce qui ne peut être saisi rapidement. Elle remplace la justesse par la vitesse.

Respirer pleinement devient presque suspect. Comme si prendre le temps de sentir était un ralentissement coupable. Comme si le vivant devait se plier à la cadence des systèmes que nous avons créés. Alors le souffle se coupe et la vitalité physique et existentielle avec. Je manque d’air, non parce qu’il n’y en a plus, mais parce que je me coupe du flux. Oh bien sûr, ce ne sont que des micro-coupures, imperceptibles…

L’apnée est une empreinte culturelle. Le souffle attend simplement que nous arrêtions de le retenir.


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