DANS LES BRAS DE MON SOUFFLE
Le souffle m’invite à poser sur moi les yeux d’une mère aimante, avec ce regard infiniment doux et patient qui ne juge rien, ne rejette rien, et dans lequel je peux simplement être accueillie telle que je suis.
Être regardée ainsi, c’est sentir que je peux exister sans avoir à me défendre, à me protéger. Dans ce regard-là, mes fragilités ne sont plus des défauts à cacher mais des endroits vivants de mon humanité. Mes peurs ne sont plus des ennemies, seulement des parts de moi qui réclament de la tendresse.
Le souffle agit en moi comme cette mère symbolique. À chaque inspiration, il vient me rejoindre sans condition, sans impatience, sans exigence. Et à chaque expiration, il me murmure : « tu peux déposer ce poids maintenant ». Il ne me demande pas d’être plus forte, plus sage, plus… Il me rencontre là où je suis. J’ancre alors la certitude que ma vie est précieuse. Pas à cause de ce que j’accomplis. Pas pour l’image que je renvoie. Et même lorsque je suis perdue, découragée, triste, il continue de me soutenir avec une fidélité bouleversante.
Comme une mère qui veille son enfant, au milieu de la nuit.
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