LÀ OÙ NAIT LE SENTIMENT DE SÉCURITÉ
La sécurité n’est pas une idée, c’est une expérience vécue dans le corps.
Au début de la vie, le système nerveux du nourrisson est ouvert, sensible, entièrement réceptif. Le bébé ne sait pas encore se calmer seul, ni revenir à un état de sécurité par lui-même. Alors il s’appuie sur l’autre. Il s’accorde au souffle de l’adulte, à une voix lente, à la chaleur d’un corps qui soutient sans contraindre, au bercement régulier qui apaise. Tout cela lui transmet un message simple : tu es en sécurité. Avant même de penser, il ressent le monde comme un rythme. Et ce premier langage… c’est la respiration.
Quand l’environnement est suffisamment stable, que le parent est présent, respire calmement, une mémoire s’inscrit chez l’enfant : ce que je ressens n’est pas dangereux. Plus tard, quand il se trouvera dans une tension, il pourra rester là, respirer, ne pas fuir ni attaquer immédiatement. Il retrouvera facilement, un espace en lui entre ce qu’il ressent et ce qu’il fait.
Mais si l’adulte est débordé, souffle court, voix tendue, réactions imprévisibles…Il n’y a plus de rythme fiable. Alors l’enfant apprend : ce que je ressens est dangereux. Plus tard, dans un échange tendu, son corps se souvient. La respiration se raccourcit, le corps se ferme, le regard cherche le danger. Et l’autre devient un risque à gérer, plutôt qu’une présence à rencontrer.
Au fond, cette histoire ne nous quitte jamais. Toute notre vie, nous continuons à respirer les uns avec les autres —à nous apaiser ou à nous activer.
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