365 leçons du souffle/Jour 108

MOINS DE VOLONTÉ, PLUS DE RESSENTI / Partie 1

Faim ou satiété, tension ou relâchement, rythme du cœur, sensation de chaud ou de froid, impression d’expansion ou de contraction, sentiment diffus de sécurité ou de menace… Ces informations simples, souvent discrètes et pourtant, ô combien essentielles —, constituent le socle sur lequel nos émotions, nos choix et notre orientation dans le monde prennent appui. C’est le fondement même du sentiment de se sentir vivant et d’exister. Et cette capacité à percevoir ce qui se passe à l’intérieur de nous grâce à ces signaux, s’appelle…l’intéroception.

Les travaux d’Antonio Damasio (dont j’ai déjà parlé dans les leçons 58 et 60) ont été déterminants : ils ont remis le corps au centre de la conscience et de la décision. Nous ne pensons pas d’abord pour ensuite ressentir ; nous ressentons, et la pensée se construit à partir de ces états internes.

Lorsque le système corps-cerveau est régulé, ces signaux internes sont suffisamment clairs et tolérables pour s’ajuster. Mais lorsque l’intéroception est brouillée — sous l’effet du stress chronique, de la dissociation corps/cerveau ou d’un sur contrôle mental — ces signaux deviennent plus difficiles à capter ou à décoder : ils peuvent être trop faibles, confus, mélangés, voire ignorés, comme si le corps continuait de parler sans être entendu, ou au contraire trop intenses, sous forme de tensions, d’agitation ou de débordement émotionnel. Dans les deux cas, le système s’adapte intelligemment en réduisant, se coupant ou en déviant le ressenti. À suivre….


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