DU PETIT VÉLO À LA CURIOSITÉ AMOUREUSE/ PARTIE 1
« Pourquoi je suis comme ça… »
La question revient parfois, pour certains d’entre nous en tout cas. “Je ne devrais pas ressentir ça.” “Il faut que ça s’arrête.” “Je dois changer.” Et derrière ces phrases, une autre pointe le bout de son nez : comment faire pour ne plus être comme ça ?
Alors, presque automatiquement, quelque chose en nous se met en mouvement. Comprendre. Corriger. Améliorer. Se sortir de là, au plus vite. J’entends aussi « Devenir la meilleure version de soi-même ». Bouhhh !
La curiosité s’invite — mais souvent, elle est déjà orientée. Elle cherche une cause, une explication, une solution. Elle veut résoudre. Et le corps, lui, le sent immédiatement. Comme si chaque sensation devenait un problème. Chaque émotion, une anomalie. Chaque pensée, quelque chose à réparer. Alors ça se resserre. Ça fige. L’expérience se contracte sous le regard qui veut la corriger. C’est double peine !
Ma curiosité est tendue.
Si je prends l’habitude de respirer profondément, amplement, je remarque que le réflexe de “traiter” ce qui est là… commence à se relâcher. Et dans cet infime déplacement, la curiosité change de texture. Elle devient plus tendre. Plus ouverte. Elle ne force rien. Elle n’attend rien. Elle s’approche. “Ah… voilà comment ça vit en moi, aujourd’hui.” “Comment ça bouge, exactement ?”“Où ça se dépose dans le corps ?” “Qu’est-ce qui se passe si je reste là, simplement ?”
Ce n’est plus une curiosité mentale. C’est une curiosité sensible. À suivre…
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