DU PETIT VÉLO À LA CURIOSITÉ AMOUREUSE/ PARTIE 2
… Suite.
La curiosité sensible opère une bascule essentielle : je ne suis plus quelqu’un à réparer, mais un processus à écouter. Écouter devient plus important que résoudre. Sentir devient plus juste que comprendre.
Et le souffle est là, simple, fidèle comme un fil discret qui me ramène au vivant. Il m’enseigne que ce qui émerge en moi est intelligent. Mais cette intelligence n’apparaît que si je lui laisse de l’espace. Dans cet espace, il devient mon meilleur allié. Il ne fait pas disparaître ce qui me dérange. Il redonne de la mobilité à ce que j’avais figé. Il ouvre. Et, paradoxalement c’est là que quelque chose commence à changer. Pas parce que j’ai trouvé une solution.
Mais parce que je me rencontre comme un territoire vivant. Je ne suis plus quelqu’un à réparer. Ni à corriger. Ni à optimiser. Je suis un mouvement. Une forme parfaite qui se déploie, se contracte, se nuance, se transforme. Et quand je cesse de me traiter comme un objet à améliorer, je peux commencer à m’accorder à ce mouvement …
Je ne cherche plus à résoudre. J’explore. Et ce glissement, presque invisible déplace tout. Résoudre crée une distance. Explorer rapproche. J’entre dans l’expérience sans la réduire, la juger, la refermer trop vite. Et peu à peu ce qui semblait figé se remet à bouger, ce qui semblait lourd devient lisible, ce qui semblait fermé s’entrouvre.
Le vivant n’attend pas une solution. Seulement d’être rencontré.
Alors un autre rapport naît. Un dialogue. Et parfois, la tension s’efface, l’émotion se nuance, une évidence émerge. C’est l’expérience elle-même qui commence à me parler. Et dans ce dialogue, il y a une forme de paix très simple : je n’ai plus besoin d’être celle qui sait, qui contrôle, qui gère.
Doucement, je deviens celle qui accompagne. Même à l’intérieur de moi.
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