LE SOUFFLE, LE CERVEAU ET L’INJONCTION PARADOXALE
“Soyez spontané.”“Détends-toi.”“Arrête d’y penser.” « Lâche prise ». Plus on tente d’y répondre… moins c’est possible. Car, au-delà de la formule toute faite, ce sont des injonctions paradoxales, des demandes qui contiennent leurs propres impossibilités.
Par exemple, lâcher prise. Si on savait lâcher prise quand on contrôle sans s’en rendre compte, ça se saurait ! Évidemment qu’on essaye,… mais ça ne lâche pas; ça se renforce même ! C’est normal, car le cerveau ne “comprend” pas une injonction paradoxale ! Il la vit comme un conflit sans issue. Le système nerveux reçoit à la fois une demande d’action et une impossibilité d’agir correctement ! C’est pour ça que les injonctions paradoxales sont si puissantes… voire même dangereuses pour l’équilibre nerveux. Car deux circuits incompatibles s’activent en même temps : une demande explicite (“lâche prise”, “détends-toi”) et une condition implicite qui rend cet ordre impossible (“fais un effort pour ne pas faire d’effort”).
Au niveau corporel, ce conflit insoluble créé des tensions internes aux multiples symptômes. Et c’est là que la respiration consciente change la donne : Elle ramène dans une expérience de détente profonde où le contrôle peut naturellement se relâcher et la tension se dénouer.
Là où le cerveau ne sait pas résoudre l’injonction paradoxale, le souffle permet d’en sortir.
En savoir plus sur Sandrine May
Recevez les nouveaux articles directement dans votre boîte mail.

