FAIRE CONFIANCE OU ÊTRE CONFIANT.E ?
« J’ai une confiance absolue dans… l’autre »… C’est une phrase que je ne suis plus capable d’affirmer aujourdhui. Car la vie m’a bousculée. Elle m’a sortie de mes zones de confort. Et même si une part de moi aimerait encore y croire, je sais aujourd’hui que cette confiance-là peut se fissurer brutalement.
Nous avons presque tous connu ces moments. L’effarement. La sidération. L’envie de fuir. Parfois de se venger. Quand l’autre trahit la confiance que nous avions déposée en lui.
Si je suis honnête, je vois que je cherchais souvent autre chose derrière la confiance : des garanties, de la stabilité, une forme de protection, un besoin me rassurer, de me sécuriser, là où je ne le fais pas moi-même. Je donnais un énorme pouvoir à l’autre. Et même avec un contrat moral, un engagement ferme bien ficelé, ça ne marche pas toujours comme çà !
Car le vivant, lui, ne fonctionne pas ainsi. Il est mouvant, incertain, paradoxal. Il est déséquilibre.
Alors, j’ai le choix. Me fermer… ou rester en lien. Et dans ce cas là, le souffle devient un appui indispensable. La respiration consciente ne m’empêche pas d’être touchée, mais elle m’aide à ne pas me perdre. Elle me ramène à quelque chose de stable en moi. Elle m’ancre dans ma sécurité intérieure.
À partir de là, mon regard change. Je continue à voir ce qui me dérange. Je ne deviens pas aveugle. Mais je peux poser des limites, dire non, m’éloigner si nécessaire, recadrer, confronter l’autre… mais rester en lien. Car en même temps, je reconnais qu’en face de moi, il y a un être vivant — lui aussi en train de chercher, de tâtonner, parfois de se débattre.
Alors je cesse, peu à peu, de lui demander d’être le garant de ma sécurité affective. J’assure désormais cette responsabilité. Je découvre que je peux le rencontrer sans exiger qu’il me rassure en permanence. Que le lien peut exister sans certitude absolue. Dans nos imperfections, nos limites, nos vulnérabilités. Nos failles.
Car la Vie continue de respirer. En lui. En moi. Entre nous. Dans un mouvement imprévisible, instable… mais profondément vivant. C’est en cela que je mets ma confiance.
En savoir plus sur Sandrine May
Recevez les nouveaux articles directement dans votre boîte mail.

