365 leçons du souffle/Jour 147

LE SOUFFLE, CETTE PLUIE INVISIBLE SUR NOS TERRES INTÉRIEURES

Nous avons appris à aimer la Nature comme quelque chose que l’on regarde, que l’on protège ou que l’on cultive. Certains sont d’excellents jardiniers du monde visible : ils savent reconnaître une terre fatiguée, sentir le manque d’eau d’une plante, comprendre qu’une fleur ne s’ouvre jamais sous la contrainte. Ils donnent du temps, de l’attention, de la patience au vivant.

Pourtant, il leur arrive d’oublier que leur propre corps est aussi une terre, que leur cœur possède ses saisons, que leur esprit peut devenir un jardin abandonné lorsqu’il n’est plus respiré avec conscience.

Nous avons séparé la Nature de notre nature, voilà le drame de notre modernisme. Nous contemplons les arbres sans écouter notre propre sève. Nous admirons les forêts mais nous ne savons plus habiter notre souffle. Or, c’est lui qui relie les deux mondes. À chaque inspiration, le monde entre en nous ; à chaque expiration, nous rendons quelque chose au vivant. Respirer consciemment, ce n’est pas seulement oxygéner son corps, c’est redevenir le jardinier attentif de son espace intérieur.


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