Ô MOUVEMENT, SUSPEND TON VOL !
Une émotion n’est pas un “contenu psychologique”. C’est un mouvement de vie dans notre corps. Une impulsion, une énergie. Un flux.
Chez le petit enfant, ce mouvement est libre : ça monte, ça traverse, ça sort, ça se transforme, ça passe. Le vivant circule sans entrave. Mais lorsque ce mouvement rencontre la peur, l’interdiction brutale, le rejet, l’incompréhension, le silence, les cris, la menace de perdre le lien, la solitude, le corps fait la seule chose intelligente possible : il suspend le mouvement, retient le flux, contracte l’espace intérieur.
La vibration d’origine devient tension, empreinte. Elle se sédimente dans le corps. Elle rigidifie les tissus, les gestes, les croyances, les comportements, les attitudes.
Alors le souffle se modifie : respiration haute, courte, apnées inconscientes, thorax figé, plexus serré, ventre coupé, rythme contraint, amplitude réduite. Respirer trop grand est dangereux. Et personne n’y échappe.
Avec le temps, ce mouvement de vie bloqué restreint la circulation de la Vie en nous. L’empreinte se fortifie et devient armure.
La bonne nouvelle c’est que, ce qui a été figé, n’est jamais mort. C’est du vivant en attente. Du mouvement émotionnel qui attend.
Quand on réapprend à respirer vraiment —amplement, fluidement, consciemment —ce n’est pas pour se calmer, pas pour contrôler, pas pour gérer l’émotion, mais pour l’autoriser à terminer sa course.
Alors, ce qui était figé commence à frémir. Ce qui était dense commence à fondre. Ce qui était immobile commence à vibrer. Comme la terre qui dégèle au printemps.
Le vivant fait son travail.
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