LA DANSE D’ÉROS ET THANATOS
À chaque longue et ample inspiration, c’est le Dieu Éros qui se réveille en moi. Il gonfle mon ventre, ma poitrine et ouvre toujours plus de désir d’exister, d’aimer, de créer, de toucher le monde. Je dit OUI à ce qui s’offre à moi. Un oui charnel, vibrant, jouissif.
Mais au cœur de cet élan de vivre pleinement ma vie, le Dieu Thanatos, le dieu de la finitude, est aussi présent. Et lui, je n’ai pas envie de le voir, de le sentir; il me fait peur. Je n’ai pas envie d’accepter que chaque élan soit accompagné de l’ombre de sa disparition.
Et pourtant à chaque expiration, je perd quelque chose de la vie que je ne suis déjà plus. C’est une micro-mort. Et j’ai peur de lâcher. Alors je m’agite, je m’affole, j’en fais trop, je sur compense, sur consomme, sur joue, sur vie, sur fait, sur tout.
Mais Éros veille. Et dans ce vide laissé par l’air, il y a déjà promesse du prochain souffle et avec elle, de la rencontre avec le nouveau, l’inconnu, l’imprévu.
Éros contient Thanatos, Thanatos enfante Éros.
Et si j’accepte l’élan et sa fin dans un même souffle, si je choisi de laisser danser ensemble les deux archétypes en fluidité, alors quelque chose se transforme en moi. Mon désir de vivre, plus conscient de sa finitude, gagne en intensité, en densité, en sensualité. Et ma peur de mourir enfin acceptée, devient énergie plutôt qu’angoisse.
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