LE MENTAL CALCULE, LE CORPS INFORME, LE SOUFFLE RELIE
Pendant longtemps, j’ai cru que pour agir, il me suffisait d’être rationnelle, de penser logiquement, méthodiquement. Et je me racontais que je “gérais” mes émotions. En réalité… je les évitais.
Notre culture nous a appris à opposer la tête et le corps. Comme si sentir troublait la pensée. Comme si la clarté exigeait de faire taire nos sensations.
Le neurologue Antonio Damasio a montré que nos décisions ne sont jamais purement rationnelles. Elles sont orientées par ce qu’il appelle des marqueurs somatiques —ces micro-signaux corporels discrets : une respiration qui se bloque, un ventre qui se serre, un cœur qui s’accélère, une tension musculaire, des micro-variations hormonales.
Quand je ne les écoute pas, je peux construire un raisonnement impeccable…Mais c’est comme si je prenais une décision stratégique en supprimant la moitié des indicateurs.
Cette capacité à sentir ce qui se passe à l’intérieur porte un nom : l’interoception.
C’est une écoute intime. Un dialogue silencieux avec soi.
Et c’est là que le souffle devient précieux. Quand je porte attention à ma respiration, ce n’est pas que j’abandonne la raison. C’est que je perçois plus finement mes tensions, mes émotions, mes résistances à travers les signaux corporels. J’élargis ma perception. Je ne deviens pas moins stratégique. Ma boussole est plus précise.
Le mental calcule. Le corps informe. Le souffle fait circuler l’information entre les deux.
Et c’est peut-être là que commence une décision vraiment alignée.
Bon dimanche !
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