CE QUE MON DIAPHRAGME RACONTE DE MOI
Le diaphragme est le seuil invisible entre respirer et habiter son souffle. C’est par là que le souffle choisit — ou non — d’entrer dans la profondeur du vivant.
Quand mon diaphragme est souple, libre, mon souffle ressemble à une vague. Il descend, remonte et épouse les creux et les reliefs de mon corps. Il berce mes organes comme une houle lente, ouvre ma cage thoracique comme un parachute. Il y a dans ce mouvement quelque chose de confiant, de calme, d’offert. Le corps n’a rien à faire. Il se laisse traverser.
Mais lorsque mon diaphragme se crispe, ce mouvement se coupe, se rétracte. Le souffle reste alors dans la partie supérieure de mon corps. La poitrine prend le relais mais ne respire pas. Les épaules montent, compensent, se tendent. Et le ventre cesse d’être visité par l’air.
Le corps entre alors dans une respiration de vigilance plutôt que de confiance. C’est une respiration qui anticipe, qui contrôle, qui se tient prête. Le souffle circule en surface. Il devient court, fonctionnel. Le diaphragme tendu fonctionne alors comme une porte qui resterait entrebâillée. Elle laisse passer juste assez d’air pour vivre mais pas assez pour habiter pleinement mon corps. Pas assez pour sentir. Pas assez pour être traversée par le flux de la Vie.
Et lorsque cette manière de respirer s’installe durablement, mon corps oublie qu’il sait respirer autrement. Il oublie que le souffle sait descendre plus profondément, là où je me sens en sécurité. Là où je me sens vivante.
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