L’EMPATHIE COMMENCE DANS LE SOUFFLE /partie 3
Suite …La sympathie ? Je connais intimement ce sentiment, comme la plupart d’entre nous. C’est cette part de moi qui refuse de laisser l’autre seul.e avec sa souffrance ou qui a une folle envie de partager sa joie, d’en profiter aussi ! C’est ma façon de montrer mon amour, mon amitié, ma compassion, mon altruisme, d’être utile dans un moment difficile… Sauf quand je me laisse happer par la charge émotionnelle de l’autre, que j’en fais une affaire personnelle, que je prends l’émotion sans filtrer. Et c’est ce que l’on fait tous enfant, par contagion émotionnelle. On capte les émotions même invisibles, et on s’identifie. On croit qu’on est ces émotions, ces croyances, ces sentiments.
Devenir empathique, c’est tout autre chose. Ça ne se décrète pas, ça s’entraine et se pratique. Il s’agit de créer un espace en moi, entre ce que je perçois de la souffrance et la sensation d’être envahie. C’est garder le coeur ouvert et un état de présence mais rester en sécurité dans mon corps.
En m’ancrant, en respirant profondément dans mes sensations, émotions, sentiments, j’évite de me noyer dans l’histoire de l’autre. En ralentissant, je prend du recul. Et je vais pouvoir vérifier ce qui appartient à mon histoire, ce qui résonne en moi et ce qui appartient à son histoire. Je régule et je discerne. Permettre cet espace intérieur, transforme profondément la qualité de la relation. Car je peux le laisser traverser pleinement ce qu’il vit, sans chercher à venir à son secours, à jouer le sauveteur, ou à aller au-devant de ses besoins, voire de vivre l’expérience à sa place ! Ça ne sert à rien de se noyer à deux.
Le souffle me rappelle que la plus grande qualité de présence n’est pas de porter l’autre, mais de lui faire confiance dans sa capacité à traverser pleinement son expérience.
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