QUAND LA SOUFFRANCE DEVIENT PORTEUSE DE SENS
Je relisais « Découvrir un sens à sa vie », de Victor Frankl qui écrit : « On peut tout enlever à un homme, sauf une chose : la dernière des libertés humaines, celle de choisir son attitude dans n’importe quelles circonstances, de choisir sa propre voie. » Survivant des camps de concentration nazis, Frankl a observé que même dans les circonstances les plus extrêmes, l’être humain conserve une liberté intérieure, celle de choisir son attitude face à ce qui lui arrive.
Lorsque je suis entièrement absorbée par elle, la souffrance devient facilement résistance, conflit intérieur, recherche effrénée d’échapper à ce qui est vécu. Et c’est humain. Être présente à la souffrance, rester avec, l’accompagner en respirant, m’aide. Je peux alors commencer à la rencontrer autrement, sans m’y réduire complètement.
Cette idée est au cœur de la logothérapie, l’approche thérapeutique qu’il a développée par la suite. Je ne vais pas trouver de sens dans la souffrance elle-même, mais plutôt dans la manière dont je choisis de la traverser. Dans la qualité de ma réponse face à ce qui ne dépend pas de moi. Dans la dignité avec laquelle je reste présente à ce qui est difficile. Dans ce que cette épreuve révèle de mes valeurs les plus profondes, de ma capacité à me dépasser, à me transformer…Frankl dit aussi clairement que si une souffrance peut être évitée, le sens est de l’éviter mais « Quand nous ne sommes plus en mesure de changer une situation, nous sommes mis au défi de nous changer nous-mêmes. »
J’ai mis du temps à accepter ce que dit Frankl : Oui, je demeure libre dans la façon de répondre à la souffrance, même lorsque les circonstances ne dépendent pas de moi. C’est de cela dont a témoigné aussi, et de façon si bouleversante, l’écrivaine Christiane Singer dans « Dernier fragment d’un long voyage » écrit sur son lit de mort. Une sacrée leçon de vie…
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