« Si nous traitons les hommes comme ils devraient être, nous les aidons à devenir ce qu’ils sont capables d’être. » citation attribuée à Johann Wolfgang von Goethe*
Cette pensée résonne avec mon propre parcours. J’ai fait l’expérience de ce que le regard d’un autre peut produire de transformateur. J’ai rencontré quelques personnes qui ont su me voir autrement que dans mes difficultés et mes limites du moment. Elles ne m’ont ni idéalisée, ni poussée à devenir qui que ce soit. Elles ont simplement posé sur moi un regard qui me voyait vraiment, pleinement.
Le regard porté sur un être humain n’est jamais neutre. Nos attentes, nos projections peuvent enfermer, réduire. Être regardée uniquement à travers mes fragilités m’aurait probablement maintenue dans le récit que je me racontais. Mais être rencontrée dans mes ressources, dans mes possibles, dans ma capacité d’évolution, a été déterminant.
Je ne me suis pas transformée parce que quelqu’un m’a dit ce que je devais être. Je me suis transformée parce que quelqu’un a cru en ce que j’étais capable de devenir, sans jamais me l’imposer.
C’est sans doute là que s’ancre, pour moi, l’éthique de l’accompagnement et de l’éducation – au sens d’educere, « conduire hors de », « faire émerger ». Que l’on accompagne un enfant ou un adulte, il ne s’agit ni de le réduire à ses difficultés actuelles, ni de projeter sur lui notre propre vision de ce qu’il devrait devenir, ni de l’étiqueter. Il est beaucoup plus.
Aujourd’hui, c’est avec cette conscience que j’accompagne les autres. Car je sais à quel point, un regard juste et confiant peut devenir un levier de croissance.
- D’après « Les années d’apprentissage de Wilhelm Meister.«
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