FAIRE DANSER LES CONTRAIRES
Nous croyons souvent que nous devons choisir entre être forts ou sensibles. Légers ou profonds. En paix ou engagés. Libres ou en intimité. Stables ou en mouvement.
Très tôt, nous avons appris à penser en oppositions. À choisir un camp. À trancher. Et lorsque nous opposons trop, c’est la violence. En nous. Entre nous. Et le monde actuel en porte la trace douloureuse.
Et ça, j’en ai pris conscience en portant attention à ma respiration. Chaque souffle m’enseigne ainsi l’art des contraires : il ne résout pas la tension entre inspirer et expirer. Les deux mouvements sont distincts mais inséparables.
Quand je me laisse respirer en conscience, je ressens cette loi du vivant : la complémentarité n’est pas un concept, c’est un ressenti subtil, une évidence intime.
Là où nous mettons spontanément du OU, la respiration m’invite à réfléchir en ET. Elle me murmure que je n’ai pas à choisir entre les polarités. Je peux les laisser coexister. Elle ne me demande pas d’avoir raison ou tort. Elle m’apprend à les tenir avec, là où mon esprit voudrait les séparer. Et c’est grâce à cette tension créatrice que s’ouvrent des espaces de possibles.
J’apprends à composer avec la complexité et à faire danser les contraires.
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