» Il faut tout porter jusqu’à son terme, puis l’enfanter. Il faut laisser mûrir en soi chaque impression et chaque germe de sentiment, dans l’obscurité, dans l’indicible, dans l’inconscient, dans cette région inaccessible à l’entendement, et attendre avec une profonde humilité et une grande patience l’heure où naîtra une nouvelle clarté. C’est cela seul qu’on appelle être artiste, aussi bien dans la compréhension que dans la création. » Rainer Maria Rilke*
Je sors de certaines séances de respiration consciente avec ce sentiment qu’il s’est passé quelque chose d’important, sans pouvoir dire toujours quoi ! J’ai juste la sensation d’occuper davantage l’espace, d’être plus vaste, plus légère. Pourtant, sous la surface familière du quotidien et du prosaïque, je sens un mouvement silencieux qui agit en profondeur. Une réaction qui m’aurait autrefois crispé ne réagit plus, une peur perd de sa force, moins collée à ma peau…une évidence me saute aux yeux.
Le souffle ouvre un espace où quelque chose peut grandir dans les replis de mon corps. Je respire, j’accueille, et puis j’attends en laissant le temps faire, en écoutant ce qui se déplace à peine et puis qui se révèle. La plus grande clarté n’est pas le fruit d’un effort intellectuel. Elle naît d’un long travail invisible.
- Extrait de Lettres à un jeune poète.
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