RESPIRER LE DÉSIR, DÉNOUER LA COMPULSION
Dans la lenteur de mon souffle, je sens désormais avec plus de netteté ce qui est un désir cherchant à se manifester et ce qui cherche seulement à remplir un manque. Ce n’est pas de même nature.
Quand le désir est là…il dit, sans mots : « Viens… il y a quelque chose à vivre à travers toi. » C’est une présence qui me fait grandir de l’intérieur. Qui me donne du souffle ! Car le désir ne me pousse pas, ne me tire pas. Il m’invite. Il respire avec moi. Il n’a pas peur du vide parce qu’il est déjà plein. Et je dis oui avec le sourire. Un oui tranquille. Un oui joyeux. Un oui vivant. Un oui offrant.
Quand la compulsion apparaît, elle dit : « Maintenant. Vite. Je veux » Et alors mon souffle change. Il devient court, haut, parfois saccadé. Il y a une contraction dans mon ventre. Une tension vers un objet précis. Dans ce souffle-là, il n’y a plus d’espace. Juste un besoin à satisfaire. Posséder. M’approprier. Combler.
C’est que je ne suis plus en relation, mais en mode automatique. Alors je ralentis. Je respire à nouveau lentement, profondément. Sans fuir. Et dans cette écoute fine, je sens la différence se révéler d’elle-même : Le désir me relie à plus grand que moi. La compulsion fait taire le manque. Un court moment. Savoir les reconnaître, c’est peut-être ça choisir avec discernement ?
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